Automne 2008

Société et culture

Enfants soldats

Michelle Steel

Lorsque vous pensez à la guerre, quelles sont les images qui vous viennent à l’esprit ? Vous voyez peut-être des rangs de soldats en uniformes marchant au pas, ou des chars et autres véhicules blindés roulant en convoi, ou encore les bombardements précis et télévisés de l’armée américaine en Irak. Cependant, la réalité est que la majorité des guerres d’aujourd’hui sont des conflits qui ont lieu à l’intérieur d’un État et avec des armes légères. Et la nouvelle dérangeante est, comme l’indique le Rapport global sur les enfants soldats de 2008, qu’à chaque fois que de tels conflits ont lieu, un grand nombre de combattants sont des enfants. Pourtant, lorsque vous pensez à la guerre, combien de fois voyez-vous un enfant brandir un fusil d’assaut AK-47 ou un lance-grenade autopropulsé ?

Au moins une de ces histoires d’enfants soldats est devenue célèbre dans la monde entier : Le chemin parcouru : Mémoires d’un enfant soldat raconte les expériences émouvantes d’Ishmael Beah en tant qu’enfant soldat au Sierra Leone. Séparé de sa famille lorsque leur village fut attaqué par des forces rebelles, Beah a réussi pendant un certain temps à ne pas se faire enlever et envoyer dans une zone de conflit armé dans son pays. Mais finalement, la faim et l’insécurité l’ont forcé à rejoindre les forces gouvernementales qui l’ont non seulement contraint de combattre contre les rebelles de l’opposition mais également de commettre des actes d’une extrême violence contre des civils innocents.

« La plupart des preuves suggèrent que les enfants ordinaires, confrontés à des situations de combat extraordinaires, sont capables d’apprendre à tuer et à tuer à répétition. »

Michael Wessells, Child Soldiers: From Violence to Protection

L’histoire de Beah est choquante, mais certainement pas unique. Ce jeune homme a fait partie des quelque 250 000 garçons et filles qui, selon les estimations actuelles des Nations Unies, sont à n’importe quel moment impliqués dans des guerres dans le monde entier depuis les deux dernières décennies. Son livre a fait prendre davantage conscience de la situation critique des enfants qui sont très tôt exposés à des expériences des plus dures et des plus brutales, y compris les meurtres, les mutilations et les viols.

Qu’est-ce qu’un enfant ?

Même si la définition de l’enfance varie selon les cultures, la Convention relative aux droits de l’enfant, des Nations Unies, définit un « enfant » d’une manière générale comme « tout être humain âgé de moins de dix-huit ans ». Les Principes de Paris de 2007 interprètent « un enfant associé à une force armée ou à un groupe armé » comme « toute personne âgée de moins de 18 ans qui est ou a été recrutée ou employée par une force ou un groupe armé, quelle que soit la fonction qu’elle y exerce. Il peut s’agir, notamment mais pas exclusivement, d’enfants, filles ou garçons, utilisés comme combattants, cuisiniers, porteurs, messagers, espions ou à des fins sexuelles. Le terme ne désigne pas seulement un enfant qui participe ou a participé directement à des hostilités ».

« Enfants soldats. Deux mots simples. Mais deux mots qui décrivent un monde d’atrocités commises à l’encontre des enfants et souvent par des enfants. »

« Rapport global sur les enfants soldats de 2008 » (Coalition pour mettre fin à l’utilisation d’enfants soldats)

La plupart des enfants soldats ont entre 13 et 18 ans, bien que de nombreux groupes comptent parmi eux des enfants de moins de 12 ans. Beah, par exemple, a combattu aux côtés d’enfants âgés de 7 et 11 ans. Beah raconte que l’enfant de 11 ans a été mortellement blessé par une grenade autopropulsée, et que gisant au sol devant lui, « il pleurait sa mère de la voix la plus perçante et douloureuse que j’aie  jamais entendue ».

Un bulletin de recherche sur l’Afrique datant de mai 2006 rapporte que « dans les États comme l’Angola, le Burundi, le Congo, la République démocratique du Congo, le Rwanda, le Soudan et l’Ouganda, des enfants de sept ou huit ans à peine sont presque automatiquement recrutés par les forces armées gouvernementales », alors que les forces rebelles du Sierra Leone recrutent des enfants dès l’âge de cinq ans.

Selon le « Rapport global sur les enfants soldats de 2008 » (produit par la Coalition pour mettre fin à l’utilisation des enfants soldats), 21 pays ou territoires du monde entier comptaient des enfants impliqués dans des conflits entre 2004 et 2007. De nos jours, les enfants soldats sont présents dans de nombreuses nations, y compris la République centrafricaine, le Tchad, la Somalie, l’Ouganda, la Birmanie, le Soudan, l’Irak, la Colombie et le Sri Lanka. À la fois les forces gouvernementales et non gouvernementales des pays développés et en voie de développement sont coupables. Dans leur désespoir, les pays en voie de développement entraînés dans des conflits internes ont tendance à utiliser des enfants plus jeunes, mais même le Royaume-Uni, les États-Unis, l’Australie, le Canada et la Nouvelle-Zélande recrutent des jeunes dès l’âge de 17 ans.

Les filles ne combattent pas seulement en première ligne, elles effectuent également des tâches domestiques et servent de « femmes ». Dès l’âge de 13 ans, elles peuvent être données aux enfants soldats ou aux commandants adultes. Et elles n’ont pas le choix : celles qui refusent sont tuées ou violées. Bien sûr, nombre d’entre elles deviennent très vite des mères qui doivent en plus s’occuper de trouver de la nourriture pour leurs enfants. C’est une existence épuisante où la malnutrition, l’épuisement et le mauvais traitement font beaucoup de victimes.

Il n’est donc pas étonnant que beaucoup de leurs bébés ne survivent pas. Certains ne survivent même pas à la naissance elle-même. Dans « Child Soldiers: What About the Girls? » (Enfants soldats : qu’en est-il des filles ?), Dyan Mazurana, chercheur à l’université du Montana, et Susan Marc Kay, professeur à l’université du Wyoming, affirment que « les pratiques d’accouchement du RUF [le Revolutionary United Front, un groupe armé] au Sierra Leone incluent le fait de sauter sur les abdomens des filles enceintes et d’insérer des objets dans leurs vagins pour les forcer à accoucher bien avant qu’ils ne soient adéquatement dilatés, ou de leur attacher les jambes pour retarder la naissance si les forces armées ont besoin de se déplacer rapidement ».

En plus des grossesses et des maternités, les agressions sexuelles à répétition peuvent causer des infections, des maladies (y compris le VIH / Sida), des déformations utérines, des douleurs vaginales, des complications dans le cycle menstruel, la stérilité et la mort, ainsi que des « chocs, la perte de la dignité, la dépression et d’autres effets de stress post-traumatique ». Mazurana et McKay insistent sur l’importance de traiter ces jeunes femmes : « Comme les filles sont les mères et les soutiens des générations futures, leur santé a un impact vital sur la santé générale d’une nation et de sa population. »

Une ressource à portée de main

Selon un rapport d’Amnesty International, « tant les gouvernements que les groupes armés utilisent les enfants parce qu’ils sont plus faciles à conditionner pour tuer sans peur et obéir sans réfléchir » (« Hidden Scandal, Secret Shame: Torture and Ill-Treatment of Children », 2000). Les enfants représentent une ressource bon marché et abondante pour les commandants militaires ayant besoin d’un approvisionnement soutenu en troupes dans les zones de guerre. Leur capacité sous-développée à estimer le danger fait qu’ils sont souvent prêts à prendre des risques et accepter des missions difficiles que les adultes ou les adolescents plus âgés refusent. Les enfants sont plus impressionnables que les adultes, et selon leur âge et leur milieu d’origine, leurs systèmes de valeurs et leurs consciences ne sont pas encore totalement développés.

Alors que les enfants entrent dans des groupes armés de différentes manières, Michael Wessels, expert en enfants soldats, a confié à Vision qu’aucun choix de fait n’est un « choix libre » parce que ce choix a généralement pour origine des circonstances désespérées, comme la pauvreté, la famine, la séparation des familles, les abus physiques ou sexuels, ou le manque de sources de revenus ou d’éducation. China Keitetsi, dont le livre La petite fille à la kalachnikov : Ma vie d’enfant-soldat raconte sa propre vie dans un groupe armé, s’est engagée à cause d’une situation familiale difficile. Il est vrai que certains enfants décident de s’engager volontairement dans des conflits parce qu’ils s’identifient à l’idéologie d’un groupe, comme en Palestine ou au Sri Lanka, mais la plupart pensent qu’ils n’ont pas le choix.

« Les rebelles ont tout d’abord enlevé mon frère en 1997. Il n’est jamais revenu […] Cette année, l’un de mes frères aînés et deux sœurs plus jeunes ont également été enlevés, la même nuit. Aucun d’entre eux n’est revenu. »

Lilian (12 ans), cité dans “When the Sun Sets, We Start to Worry…”: An Account of Life in Northern Uganda

La méthode de recrutement la plus pénible est sans aucun doute l’enlèvement. La LRA (l’armée de résistance du Seigneur) en Ouganda détient le pire record d’enlèvements, ayant volé des dizaines de milliers d’enfants uniquement lors de la dernière décennie. Ceci est à l’origine du phénomène des « passagers de la nuit », décrit dans l’émouvant livre d’images When the Sun Sets, We Start to Worry…: An Account of Life in Northern Uganda (Dès que le soleil se couche, nous commençons à avoir peur… : Récit d’une vie dans le nord de l’Ouganda). Dans sa préface, il est écrit : « Chaque nuit dans le nord de l’Ouganda, plus de 40 000 mères, grand-mères et enfants quittent leurs foyers et parcourent de nombreux kilomètres à pied pour se rendre dans les villes importantes, cherchant à échapper aux enlèvements de la LRA ». Arrivés en ville, ils dorment devant des hôpitaux, des églises ou autres bâtiments publics. Elijah, 70 ans, raconte son expérience : « La nuit, mes huit petits-enfants dorment dans la brousse et sans couvertures. Je ne sais pas où ils dorment, et chaque nuit ils choisissent un endroit différent. Même votre mère ne doit pas connaître votre cachette. Les rebelles forcent toujours les parents à montrer où les enfants se cachent. »

L’UNICEF rapporte que la LRA a même enlevé des enfants de cinq ans, mais que la plupart ont entre 8 et 16 ans, et que les rebelles tuent souvent les parents sous les yeux des enfants. Les jeunes « recrues » sont ensuite forcées de marcher vers le sud du Soudan. Ceux qui ne peuvent pas porter leurs charges ou suivre le rythme des autres sont tués. Ceux qui essaient de s’échapper sont sévèrement punis. Les filles sont régulièrement violées.

Le risque d’enlèvement est très élevé pour les Ougandais, mais dans d’autres pays, les enfants ont également beaucoup à craindre. Au Bhoutan, au Burundi, en Birmanie, au Salvador, en Éthiopie et au Mozambique, dit Wessels, des enfants ont même été enlevés alors qu’ils étaient à l’école. Et le « Rapport sur les enfants soldats de 2008 » fait remarquer que c’est la même chose au Bangladesh et au Pakistan. Les chefs de guerre en Afghanistan et de l’UNITA d’Angola ont utilisé un système de quotas dans lequel ils exigent que des villages leur livrent un certain nombre de jeunes gens. Les villages qui refusent de les livrer sont attaqués.

Changer des enfants en tueurs

Les commandants militaires utilisent des tactiques éprouvées pour obtenir une obéissance inconditionnelle de la part de ces enfants nostalgiques tout en les transformant en tueurs. Les nouvelles recrues sont souvent forcées de tuer ou de perpétrer des actes de violences envers d’autres personnes, y compris les étrangers, les évadés ou même les membres de leurs propres villages ou familles. Forcer les enfants à faire du tort ou tuer des gens qu’ils connaissent présente l’avantage de décourager ces enfants à fuir, car ils savent qu’à cause du mal qu’ils ont fait, ils ne seront plus acceptés chez eux.

Certains groupes pratiquent également le cannibalisme, contraignant les jeunes recrues à boire le sang et manger la chair de leurs victimes. Même si on leur dit souvent : « Ça va te rendre plus fort », Wessels pense que la vraie motivation est de « forcer les enfants à calmer leurs réactions émotionnelles à la vue de personnes qui sont tuées, et de détruire leur notion du caractère sacré de la vie et leur tendance à respecter les morts ».

De plus, des drogues sont administrées pour calmer les effets de la conscience : les amphétamines, le crack, le vin de palme, le brown-brown (un mélange de cocaïne et de poudre à fusil), la marijuana et les tranquillisants aident à détacher les actions des enfants de tout sens de la réalité. Ceux qui refusent de prendre ces drogues sont battus ou tués, selon Amnesty International. Un directeur de camp de réhabilitation a confié à Wessels que les recrues « étaient prêtes à faire tout ce que l’on ordonnait de faire » lorsqu’elles étaient sous l’emprise des drogues.

La revanche est aussi utilisée comme source de motivation. Les commandants d’Ishmael Beah lui ont dit de « visualiser l’ennemi, les rebelles qui ont tué tes parents, ta famille, et ceux qui sont responsables de tout ce qui t’est arrivé ».

Ces tactiques fonctionnent très bien, mais la violence affecte quand même les jeunes consciences. « Au début la plupart des enfants ressentent un mélange de dégoût, de culpabilité et de mépris de soi », écrit Wessels. « Ces réactions normales reflètent la force des valeurs civiles profondément ancrées chez les enfants ainsi que leurs engagements sociaux à ne pas assassiner ou blesser des amis. Face à l’ampleur de leurs actions, les enfants peuvent rationaliser leurs actions en se disant : ‘Je ne voulais pas faire ça. J’ai dû obéir aux ordres, sinon on m’aurait tué.’ […] D’autres enfants considèrent de tels actes comme surréalistes, ayant eu lieu dans un monde imaginaire, et se sentent détachés ou séparés de ces actes. Ce processus de détachement est une réaction auto-protectrice normale à la pression créée par l’énorme fossé qui existe entre l’ancienne moralité des enfants et les atrocités qu’ils ont été forcés de commettre […] Les anciennes valeurs des enfants ne sont pas perdues mais plutôt mises en suspens. »


Apprendre la paix

Les enfants qui sont sauvés des combats, ou qui survivent jusqu’à la fin d’un conflit, font ensuite face à l’énorme défi d’essayer de revenir dans la vie civile normale.

Dans le passé, même si les premiers besoins physiques étaient souvent couverts (nourriture, eau, abris, sécurité, réunification de la famille), les anciens enfants soldats avaient des difficultés à assimiler leurs expériences et se réintégrer dans leurs communautés. Nombre d’entre eux étaient stigmatisés comme des rebelles et n’arrivaient pas à faire la transition. Les organisations humanitaires et les organisations gouvernementales internationales comme l’UNICEF reconnaissent à présent que les anciens soldats enfants ont besoin d’une aide qui va au-delà d’une simple aide physique. Ils ont besoin de guérir de leurs problèmes émotionnels et de leurs traumatismes, d’être protégés des recrutements dans des forces armées, d’être formés et éduqués pour des rôles pacifiques, et d’être réintégrés dans leurs communautés. Par conséquent, des dispositions DDR (désarmement, démobilisation et réinsertion) sont désormais inclues dans les accords de paix. Ces clauses ont pour objectif spécifique d’aider les victimes à revenir avec succès dans la société sans qu’elles ne craignent d’être stigmatisées ou rejetées.

Le processus de réhabilitation comprend une désintoxication et un ajustement psychologique, mais aussi une guérison du trouble de stress post-traumatique, dont les symptômes sont les cauchemars, les flash-back, l’agressivité, le désespoir, la culpabilité, l’anxiété, la peur et l’isolement social. Les programmes des ONG comprennent des jeux et des activités qui mettent l’accent sur la mise en confiance et des occasions de pratiquer des résolutions de conflits sans violence. Le dessein, les contes, la musique et le théâtre sont souvent utilisés pour que les enfants communiquent et assimilent leurs expériences.

Selon Christian Children’s Fund, une organisation à but non lucratif de premier rang impliquée dans des interventions psychologiques comme la réhabilitation d’anciens enfants soldats, ces derniers ont parfois besoin de trois ans pour se réinsérer dans la société. Beah a passé huit mois dans un centre de réhabilitation avant d’être placé chez un oncle. Il lui a fallu deux mois uniquement pour la désintoxication, et plusieurs mois pour pouvoir dormir sans l’aide de médicaments. Il lui a fallu encore plus de temps pour se remémorer des souvenirs de la petite enfance, se débattant avec des flash-back de ses expériences de guerre. En apprenant progressivement à faire de nouveau confiance aux adultes, il s’est émerveillé de la patience des travailleurs sociaux et de leur refus de renoncer à leurs patients endurcis et hostiles. Beah se souvient que son infirmière Esther le regarda avec « un regard encourageant et un sourire accueillant qui disaient que j’étais un enfant ». Après avoir été poignardé, battu ou autrement maltraité par les enfants, le personnel dit aux enfants : « Tout ceci n’est pas de votre faute. » Au début, cette remarque l’irritait mais il a fini par y croire. Il écrit : « Ça a soulagé mes souvenirs pesants et m’a donné la force de réfléchir aux choses. »

Même si elles n’ont pas toujours réussi du premier coup, les ONG impliquées dans des programmes de réhabilitation ont acquis une grande expérience après la fin de certains conflits africains qui duraient depuis longtemps. Les Principes de Paris, mis en place par l’UNICEF, ont tenté de reprendre cette connaissance en fournissant des directives pour un désarmement, une démobilisation et une réinsertion efficaces. Soixante-six gouvernements ont approuvé ces principes et « se sont engagés à œuvrer pour libérer tous les enfants soldats des forces armées, et à soutenir les programmes qui abordent véritablement les besoins complexes des anciens enfants soldats ». Par conséquent, les enfants sont replacés avec succès dans des communautés qui sont équipées des outils nécessaires pour la transition souvent difficile vers une vie paisible dans la société.

Beah a parcouru le monde entier pour parler de la résilience des enfants soldats. Il leur dit : « Nous pouvons être réhabilités », avant d’ajouter : « Je crois que les enfants possèdent une résilience qui survit à leur souffrances, si on leur donne la chance. » Même si à une époque l’on estimait que ces jeunes gens étaient traumatisés à jamais, il est à présent de plus en plus accepté que les anciens enfants soldats, s’ils reçoivent l’aide et le soutien adéquats de la part de ces travailleurs sociaux spécialisés ou autres, peuvent se réinsérer avec succès dans la société.

Là où il y a la guerre…

Avec l’excellent travail fait pour les anciens enfants soldats, pouvons-nous prévoir une époque où les enfants ne seront plus envoyés sur les champs de bataille ? Il semble que la réponse se trouve dans le phénomène même de la guerre. Le « Rapport global sur les enfants soldats de 2008 » affirme qu’ « en dépit de tous les efforts des agences de l’ONU, des ONG et autres, la libération à grande échelle d’enfants présents dans des forces ou groupes armés a rarement eu lieu avant la fin des hostilités […] En effet, là où il y a des conflits armés, il est presque toujours certains que des enfants soldats y seront impliqués ». Ce rapport ajoute que « la réalité dicte que la fin d’un conflit produit les résultats les plus concrets ».

Cette perspective suggère que la seule façon de débarrasser le monde des enfants soldats est de le débarrasser de la guerre. Mais l’histoire fournit peu d’exemples encourageants montrant que c’est possible. Néanmoins, la Bible établit exactement le même lien entre la sécurité et le bien-être des enfants et la fin des conflits. De nombreux passages décrivent une époque à venir, une époque où les jeunes garçons et filles joueront dans les rues, ne souffrant plus des abus et de la peur que connaissent tant d’enfants à l’heure actuelle. Cette source de sagesse hébraïque ancienne et la Coalition pour mettre fin à l’utilisation des enfants soldats semblent toutes les deux indiquer que sans la disparition de la guerre, le phénomène des enfants soldats ne cessera pas non plus. Cependant, ce que la Bible offre et que les autres ne peuvent offrir, est une espérance qu’une telle conclusion sera un jour atteinte.