Automne 2007

Société et culture

Noël a-t-il de l’importance ?

Brian Orchard

Il est généralement accepté que la deuxième fête la plus importante du calendrier chrétien n’a aucun fondement biblique. La plupart des gens ignorent ce fait en disant qu’il est sans importance. Mais est-ce vraiment le cas ?

Dans la célèbre comédie musicale Un violon sur le toit, créée à Broadway en 1965 et se déroulant dans la Russie tsariste, le personnage principal insiste sur le fait que la tradition offre un certain équilibre dans la vie des villageois et que sans ces traditions, leur vie serait aussi « chancelante qu’un violoniste sur le toit ». En effet, les traditions sont agréables et rassurantes pour une raison ou pour une autre. Si nous abandonnons la sécurité des coutumes dans lesquelles nous avons grandi, nous perdons notre calme et notre stabilité, comme Tevye l’a dit de manière si éloquente.

Les traditions jouent un rôle très important dans les coutumes que les diverses cultures adoptent. Pensez à Noël par exemple. La Catholic Encyclopedia affirme clairement que Noël « ne faisait pas partie des premières fêtes de l’Église. » Cette source catholique cite Noël comme un exemple de doctrine ou de coutume « transmise de génération en génération […] C’est une tradition ancienne qui dit que Jésus-Christ serait né un 25 décembre » (c’est nous  qui mettons l’accent).

Mais la tradition est-elle suffisante pour justifier une coutume qui est en désaccord avec la personne ou l’évènement même qu’elle affirme célébrer ?

Quel est le problème ?

De nombreuses personnes, y compris les auteurs de la Catholic Encyclopedia, acceptent facilement que la fête que nous connaissons sous le nom de Noël, ainsi que ses coutumes, ne proviennent pas de la Bible. Ces personnes reconnaissent que la Bible ne soutient absolument pas son observance, et pourtant elles approuvent entièrement la célébration de la naissance du Christ le 25 décembre.

Et à première vue, Noël semble être une bonne tradition. En effet, à cette époque de l’année, les familles et les amis se réunissent pour fêter ensemble. De plus, est-ce vraiment important de savoir si le Christ est né ce jour-là ou pas tant qu’il est honoré ? Est-ce un  problème que les arbres traditionnels, les lumières, le houx, le gui, les guirlandes, les bûches et les cadeaux de Noël aient tous des origines païennes ? L’esprit de Noël n’est-il pas plus important que les origines de ces différentes traditions, même si cette fête est basée sur des mensonges ?

« En hiver, lorsque tout est marron et mort, les arbres à feuilles persistantes témoignent de la vie constante qui existe dans la flore, et ils ont peut-être été utilisés comme des moyens sacramentels de prendre contact avec l’esprit de croissance et de fertilité. »

Clement A. Miles, Christmas Customs and Traditions: Their History and Significance

La réponse peut être illustrée par la conversation de Jésus avec une femme samaritaine qu’il avait rencontrée près de Sychar, une ville de Samarie (Jean 4). De nombreux commentateurs bibliques notent que les Samaritains étaient méprisés comme étant des « Juifs hybrides », une population mélangée provenant d’étrangers qui avaient été placés dans la région après que l’ancien royaume d’Israël du nord ait été pris en captivité au VIIIe siècle av. J.-C. Les nouveaux habitants de la région se marièrent avec les Israélites qui n’avaient pas été chassés de leur pays et assimilèrent de nombreux usages hébreux, au point d’affirmer adorer le Dieu d’Israël. Mais en fait ils mélangèrent certains aspects de la Thora (la loi) avec le culte de dieux païens qu’ils avaient conservé : « Ainsi ils craignaient l’Éternel, et ils servaient en même temps leurs dieux » (2 Rois 17 : 33). Même s’ils prétendaient être de la race d’Israël et observaient les traditions israélites, ils ne savaient pas vraiment qui ils adoraient.

La femme samaritaine mit le doigt sur le problème lorsqu’elle déclara à Jésus : « Nos pères ont adoré sur cette montagne ; et vous dites, vous, que le lieu où il faut adorer est à Jérusalem » (Jean 4 : 20). Les Samaritains avaient érigé un temple sur le mont Garizim, tout près de l’endroit où eut lieu cette conversation. Cette femme, ainsi que le reste de la Samarie, avait observé la tradition en adorant sur le mont Garizim et en affirmant que Abraham, Isaac et Jacob étaient leurs ancêtres. Ce moment précis était l’occasion parfaite pour le Christ de lui assurer que tant qu’ils reconnaissaient Dieu par leur culte traditionnel, le lieu de culte n’avait aucune importance. Mais au lieu de le faire, il l’avertit gentiment en approfondissant sa compréhension du culte. Il lui fit remarquer que la vraie adoration de Dieu devait être faite « en esprit et en vérité » et non à la lumière de traditions humaines. En gardant leurs traditions ils ne pouvaient pas voir la vérité.

Les gens de Samarie étaient très sincères dans leurs pratiques religieuses et pensaient suivre l’exemple d’Abraham et de Moïse. Mais leurs coutumes les empêchaient d’adorer le Père en esprit et en vérité.

Des traditions qui varient

La bonne tradition est un aspect important d’une vie qui plaît à Dieu, comme l’a déclaré l’apôtre Paul : « Ainsi donc, frères, tenez bon et gardez fermement les traditions que nous vous avons enseignées » (2 Thessaloniciens 2 : 15, traduction œcuménique de la Bible). Mais il est évident que Paul n’a pas voulu dire que chaque tradition humaine était appropriée car plus tard il a écrit ceci aux Colossiens : « Prenez garde que personne ne fasse de vous sa proie par la philosophie et par une vaine tromperie, s’appuyant sur la tradition des hommes, sur les principes élémentaires du monde, et non sur Christ » (Colossiens 2 : 8).

Donc d’un côté il y a des traditions que nous devons garder, et d’un autre côté des traditions que les disciples du Christ devraient éviter. Certaines traditions sont basées sur la doctrine biblique tandis que d’autres sont seulement basées sur des coutumes humaines en contradiction avec l’enseignement biblique. Pour comprendre les différences, il est utile de revoir un exemple donné par le Christ lui-même. Les chefs religieux juifs de l’époque enseignaient à leur communauté des principes dérivés de la tradition orale. À la base, ces traditions orales étaient des suppléments de la loi telle qu’elle avait été donnée à Moïse et aux Israélites. Mais au fil du temps, elles se sont éloignées de leur objectif premier pour avancer davantage vers la coutume que vers les Écritures. Par exemple, Jésus confronta les chefs religieux sur le lavement cérémoniel des mains avant de manger. Les pharisiens dirent sans aucune gêne que le lavement des mains faisait partie de la « tradition des anciens ». Les remarques de Jésus furent très claires : il traita ces chefs religieux d’hypocrites à cause de ces « préceptes qui sont des commandements d’hommes », avant d’ajouter : « Vous abandonnez le commandement de Dieu, et vous observez la tradition des hommes. » Il fit également une remarque particulièrement poignante en précisant que puisqu’ils remplaçaient les commandements bibliques par des traditions humaines, ils adoraient Dieu « en vain » (Marc 7 : 5-8). Le message très clair était que les commandements de Dieu dépassent toujours les traditions que les hommes se créent.

Marcher sur la voie

Le prophète de l’Ancien Testament exhorta les gens de son époque à ne pas se fabriquer d’idoles en bois. Il déclara : « N’imitez pas la voie des nations [… ]Car les coutumes des peuples ne sont que vanité. On coupe le bois dans la forêt ; la main de l’ouvrier le travaille avec la hache ; on l’embellit avec de l’argent et de l’or, on le fixe avec des clous et des marteaux, pour qu’il ne branle pas… [Mais] leur science n’est que vanité, c’est du bois ! (Jérémie 10 : 2-4, 8). Dieu condamne ces traditions et ces coutumes basées sur des pratiques religieuses païennes.

Deutéronome 12 : 29-32 contient un excellent résumé de l’attitude de Dieu à cet égard. Moïse instruisit la nation d’Israël avant qu’elle ne prenne possession de la Terre Promise en déclarant : « Lorsque l’Éternel, ton Dieu, aura exterminé les nations que tu vas chasser devant toi, lorsque tu les auras chassées et que tu te seras établi dans leur pays, garde-toi de te laisser prendre au piège en les imitant […] Garde-toi de t’informer de leurs dieux et de dire : ‘Comment ces nations servaient-elles leurs dieux ? Moi aussi, je veux faire de même.’ Tu n’agiras pas ainsi à l’égard de l’Éternel, ton Dieu […] Vous observerez et vous mettrez en pratique toutes les choses que je vous ordonne ; vous n’y ajouterez rien, et vous n’en retrancherez rien. »

La fête observée le 25 décembre faisait partie de célébrations religieuses bien avant qu’on ne lui attribue le nom de Noël. Aujourd’hui, de nombreuses personnes l’observent comme une fête séculière et commerciale, sans penser au fait que le symbolisme principal de cette fête a pour origine les religions païennes de l’antiquité. D’autres encore ferment les yeux sur tous les liens païens que cette fête peut avoir et la célèbrent selon son attribution relativement récente à la naissance de Jésus-Christ. Mais selon les enseignements de la Bible, une apparence pieuse n’annule pas la nature païenne de la célébration et ne la rend pas acceptable.

La Bible ne précise pas de manière exacte la date de naissance du Christ et ne donne pas non plus d’instructions pour fêter sa naissance. Cependant, elle est claire et sans ambiguïté pour interdire la célébration de traditions et de coutumes dont les origines sont païennes et contraires aux Écritures. Selon Jean 4 : 23-24, « les vrais adorateurs adoreront le Père en esprit et en vérité ; car ce sont là les adorateurs que le Père demande. Dieu est Esprit, et il faut que ceux qui l’adorent, l’adorent en esprit et en vérité. »