Été 2005

Histoire

Hiroshima

Donald R. Hornsby

« Un B-29 arrive », lança le jeune Fujimoto en montrant du doigt par la fenêtre de l’école. Un de ses camarades de classe, Yoshitaka Kawamoto, âge de 13 ans, se leva de sa chaise pour regarder la scène. Mais avant qu’il n’ait pu se lever, il fut aveuglé par ce qui ressemblait à un énorme éclair et s’écroula entre les bureaux. Quand il reprit connaissance, il sentit l’épaisse fumée et poussière tout autour de lui, mais ses douleurs et l’obscurité inquiétante éclipsèrent l’ampleur de ce qui venait de se passer.

À environ 15 kilomètres de là, dans les airs, Paul Tibbets réfléchissait dans quelle mesure sa mission amènerait la fin de la guerre avec le Japon. Le colonel de 29 ans était le pilote du B-29 Superfortress baptisé Enola Gay, d’après le nom de sa mère. La dévastation que le pilote et ses camarades aperçurent sous eux allait se graver pour toujours dans leurs mémoires. De la ville, autrefois pleine de vie, s’élevait désormais un nuage foncé et embrasé. Tibbets était convaincu que c’était le bon choix.  « Nous allons tuer beaucoup de personnes », pensait-il, « mais nous allons également sauver beaucoup de vies. Nous n’aurons pas besoin d’envahir. »

Cet évènement, que ces deux personnes ont vécu dans des camps opposés, a en quelque sorte défini le monde moderne. Le lancement d’une bombe atomique sur Hiroshima le 6 août 1945, et sur Nagasaki trois jours plus tard, a poussé le monde dans une nouvelle ère. Même si la plupart des gens ne l’ont pas compris à l’époque, l’âge nucléaire a débuté en cette matinée estivale. Une étude japonaise ultérieure affirma que « l’expérience qu’ont connue ces deux villes a été le premier chapitre de la destruction potentielle de l’humanité. » À bien des égards, le monde n’est plus le même depuis cette journée de 1945.

Naissance de la bombe

C’est grâce aux renseignements militaires que les États-Unis et les Alliés prirent connaissance en 1939 du fait que l’Allemagne nazie était près d’achever la construction d’une arme utilisant la fission nucléaire. L’idée qu’une telle arme ait pu être dans les mains d’une force militaire dominée par Hitler propagea la crainte parmi ses ennemis. En 1941, les États-Unis entreprirent d’obtenir les scientifiques, la technologie et la matière nécessaires pour s’engager dans une course sans précédent à l’obtention de l’arme atomique. Le projet Manhattan était un effort agressif visant à contrecarrer le Führer et sa quête de domination militaire par la puissance nucléaire.

Lorsque le président américain Franklin Roosevelt mourut en avril 1945, le directeur scientifique du projet Manhattan, Robert Oppenheimer, faisait partie de ceux qui craignaient que les travaux sur la bombe soient arrêtés. Roosevelt avait intentionnellement décidé de ne pas informer un certain nombre de personnes dans le gouvernement américain, y compris, apparemment, l’homme qui le succèderait au premier poste de la nation. Et encore moins de personnes connaissaient l’objectif réel de ce projet. En plus, avec la capture, le même mois, d’environ 1 200 tonnes de minerai d’uranium en Allemagne, il avait des raisons de croire que Hitler ne pouvait plus poursuivre son programme.

Cependant, même une fois qu’il fut évident que les efforts de recherche du Troisième Reich avaient cessé, l’équipe du projet Manhattan, composée de scientifiques et spécialistes américains, anglais et canadiens, était toujours déterminée à poursuivre son travail. Le successeur de Roosevelt fut informé du projet secret quelques heures après son investiture. Harry Truman, se rappela plus tard : « (Henry Lewis) Stimson me dit qu’il voulait me mettre au courant d’un immense projet qui était mené – un projet cherchant à développer un nouvel explosif d’une incroyable puissance destructrice. C’est tout ce qu’il se sentait libre de dire à ce moment-là, et sa déclaration me laissa perplexe. C’était le premier brin d’information concernant la bombe atomique qui me parvenait, mais il ne me donna aucun détail. »

Alors que le projet de bombe touchait à sa fin, certains commencèrent à saisir son immense potentiel et puissance de destruction, et pesèrent le pour et le contre de l’éventuelle utilisation de la nouvelle arme contre le Japon. Les nations épuisées des forces alliées souhaitaient que la guerre se termine rapidement. Mais même lorsque le gouvernement américain concevait son Operation Downfall – un immense projet d’invasion sans précédent qui, espérait-on, forcerait le Japon à capituler – certains militaires qui planifiaient le projet ignoraient encore l’existence du projet Manhattan. Dans certains cercles, l’on croyait encore que les Alliés étaient capables de mettre fin à la guerre en utilisant des troupes et une armée de l’air conventionnelles. Le blocus de tout le trafic maritime avait déjà fait ses effets, en plus des mesures supplémentaires que prenaient les États-Unis pour interrompre le transport domestique et les lignes d’approvisionnement du Japon. Mais certains craignaient que si l’invasion du Japon était vraiment menée, elle entraînerait des pertes humaines immenses dans les deux camps.

Truman raconta plus tard certaines discussions qui eurent lieu au sujet de l’utilisation éventuelle de l’arme atomique :

« Lors de la réunion du 18 juin 1945, l’on discuta du plan d’invasion du Japon. Le plan du général Marshall fut approuvé.

« Nous nous rapprochions d’une expérience avec l’explosion atomique. Je fus informé que cet évènement aurait sans doute lieu dans les trente jours. »

L’information du président s’avéra être correcte. Après presque quatre ans de développement intensif dans les déserts du Nouveau Mexique, la première arme atomique – équivalant à environ 20 000 tonnes de TNT – explosa près d’Alamogordo le 16 juillet 1945. Oppenheimer raconta plus tard qu’en voyant l’explosion, il pensa à une phrase basée sur un texte hindou tiré du Bhagavad Gita : « Je suis Shiva, le destructeur des mondes. »

Bombarder ou ne pas bombarder

La décision d’utiliser l’arme contre le Japon a été le sujet de débats qui dure depuis soixante ans. Il a été également débattu à quel point les récits historiques ont été révisés dans des buts politiques par ceux qui étaient au pouvoir, et ce afin de définir ou cacher les avis qu’ils avaient eu sur le sujet.

Les écrits de Truman ne rapportent nulle part que quelqu’un lui ait fait des objections importantes sur l’usage de la bombe, mais plusieurs personnalités importantes ont plus tard écrit qu’elles avaient bel et bien fait part de leurs profondes craintes. Le général Dwight Eisenhower était l’une de ces personnalités. Dix-huit après la guerre, il écrivit : « En [juillet] 1945 […] le ministre de la guerre Stimson, visitant mes quartiers généraux en Allemagne, m’informa que notre gouvernement se préparait à lancer une bombe atomique sur le Japon. Je fus l’un de ceux qui pensaient qu’il y avait un certain nombre de raisons valables pour douter de la sagesse d’un tel acte […] Le ministre fut profondément perturbé par mon attitude. » Stimson, de son côté, nia qu’un tel échange ait eu lieu.

Leo Szilard, l’un des scientifiques qui encouragea le développement de l’énergie atomique en 1939 et qui devint ensuite le physicien en chef du projet, eut tellement de craintes pendant l’avancée du projet qu’il rédigea une pétition formelle au président américain pour avertir des conséquences éventuelles de la bombe. Ses 69 collègues scientifiques du projet Manhattan et lui-même signèrent la pétition le 17 juillet 1945 et demandèrent à ce qu’elle soit délivrée à Truman. La question de savoir si Truman l’a reçue ou pas avant le 6 août a également fait débat.

La pétition disait en partie : « Les découvertes que le peuple des États-Unis ignore peuvent affecter le bien-être de la nation dans un futur proche. La libération de l’énergie atomique qui a été atteinte met les bombes atomiques dans les mains de l’armée. Elle met dans vos mains, en tant que commandant en chef, la décision fatidique d’approuver ou pas l’utilisation de telles bombes dans la phase actuelle de guerre menée contre le Japon.

« […] Cependant, un tel pas ne doit à aucun moment être franchi sans réfléchir sérieusement aux responsabilités morales qui y sont impliquées. »

Peut-être que nous ne pourrons jamais défaire le nœud de déclarations contradictoires concernant la décision ultime de lancer la bombe. Mais que Truman ait été informé ou pas de l’opposition significative qui régnait à cette époque, il finit par être convaincu que le lancement de la bombe hâterait la fin de la guerre et éviterait un grand nombre de pertes des deux côtés.

Richard B. Frank, historien militaire réputé, a récemment écrit dans un essai intitulé « No Bomb, No End » (pas de bombe, pas de fin), que l’utilisation de l’arme atomique a en effet sauvé des vies et accéléré la fin du conflit. Frank croit que « la guerre du Pacifique aurait sans doute traîné de deux à cinq ans, ou peut-être davantage. » Il estime également qu’environ cinq millions de personnes auraient trouvé la mort uniquement au Japon si la bombe atomique n’avait jamais été utilisée, et que les pertes supplémentaires parmi les autres pays auraient sans doute fait doubler ce nombre.

Une pluie de destructions

Truman ordonna l’utilisation de la bombe. Cependant, il semble que peu de personnes aient imaginé quelles seraient les conséquences du déclenchement de la puissance de la bombe atomique dans le milieu militaire. L’historien militaire Sir John Keegan résume certains détails dans son livre intitulé The Second World War (la Seconde Guerre mondiale) :

« C’était la version uranium 235 de la bombe atomique que le B-29  Enola Gaylança sur Hiroshima le 6 août 1945 au matin. Quelques heures plus tard, alors que 78 000 personnes étaient mortes ou mourraient dans les ruines, le communiqué de la Maison Blanche demandait que le Japon capitule, sinon ‘ils peuvent s’attendre à une pluie de destructions qui tombe du ciel’ ».

Keegan explique que lorsqu’il est apparu que le Japon ne souhaitait pas capituler, l’ordre fut donné de lâcher une bombe sur Nagasaki – une décision qui coûta la vie à 25 000 Japonais supplémentaires, et plusieurs milliers dans les mois et années qui suivirent.

« Le monde des morts est un endroit différent du monde des vivants, et il est quasiment impossible de le visiter. Ce jour-là à Hiroshima, ces deux mondes ont pratiquement convergé. »

Richard Rhodes, The Making of the Atomic Bomb, 1986

Pour celles et ceux qui ont survécu à la « pluie de destructions » à Hiroshima, ce fut le plus grand cauchemar qu’ils aient jamais eu à vivre. Certains, parmi les milliers de victimes, furent pratiquement vaporisés lors de l’éclat d’une immense chaleur. Le nombre total de personnes qui sont décédées pendant et après l’explosion d’Hiroshima est estimé à 200 000. Ceux qui ont survécu à l’explosion décrivent les conséquences choquantes de cette nouvelle arme (voir « Pour reprendre ses termes » en regard).

Le récit d’un témoin visuel décrit l’explosion comme un « rideau de soleil ». L’éclat de la détonation fut accompagné d’un silence total. Personne ne peut se rappeler d’avoir entendu quoi que ce soit lorsque l’arme a dégagé sa puissance destructrice sur la ville.

Un autre survivant a décrit ce qu’il a vu après la détonation : des corps humains complètement méconnaissables, et le supplice insurmontable qu’ils subissaient avant de mourir où ils étaient tombés.

D’autres racontent avoir vu des jeunes et des anciens dont les corps étaient gravement brûlés ; la peau qui semblait fondre sur les os des gens qui essayaient de s’accrocher à la vie ; et des piles de corps méconnaissables et carbonisés dans les rues.

En plus de ce cauchemar humain, la bombe endommagea ou détruisit environ 70 000 des 76 000 bâtiments d’Hiroshima. La ville reconstruite est aujourd’hui un endroit dynamique et moderne, même si certaines plaies physiques ont été intentionnellement conservées. Mais ceux qui ont vécu cette calamité n’ont jamais réussi à faire disparaître les plaies qui sont restées dans leurs esprits et dans leurs cœurs.

Capitulation et résolution

L’empereur du Japon s’adressa à son pays brisé le 15 août 1945. Il informa la nation qu’elle était en train de perdre la bataille malgré tous les efforts qu’elle avait fait. La voix que le peuple japonais entendit à la radio annonça la défaite et la capitulation de la nation. L’empereur avait entraîné sa nation dans une guerre coûteuse qui avait causé la mort de milliers de personnes et entraîné la destruction de deux villes.

« L’ennemi a mis en œuvre une bombe nouvelle d’une extrême cruauté, dont la capacité de destruction est incalculable et décime bien des victimes innocentes », annonça-t-il à son peuple. L’empereur commença ensuite par expliquer la réalité de ce que serait la vie lorsque la nation essaierait de s’en remettre : « Les épreuves et les souffrances que subit notre nation […] seront grandes […] C’est selon la volonté de l’époque et du destin que nous avons résolu d’ouvrir la voie à une ère de paix grandiose pour toutes les générations à venir, en endurant ce qu’on ne saurait endurer et en supportant l’insupportable. »

L’empereur fatigué et défait formula ensuite un vœux pour son pays : « Que la nation entière se perpétue comme une seule famille, de génération en génération. »

Ces paroles prononcées par le chef impérial du Japon semblent servir d’héritage pour les habitants d’Hiroshima. Depuis 1947, la ville a mis à part le 6 août afin de focaliser ce jour-là sur la vision de paix pour toutes les générations et de se souvenir de la terrible dévastation qui frappa la ville et ses habitants ce jour-là.

Le site Internet officiel de la Cérémonie annuelle du Mémorial de la paix explique en détail son objectif, qui est de « […] consoler les âmes des victimes de la bombe atomique et prier pour la réalisation d’une paix mondiale durable […] La Déclaration de paix, qui est faite par le maire d’Hiroshima pendant la cérémonie, est envoyée à tous les pays du monde, transmettant ainsi le souhait d’Hiroshima d’interdire les armes atomiques et réaliser une paix mondiale éternelle. À 8h15 précise, heure à laquelle la bombe atomique a été lâchée, la Cloche de la paix sonne, toutes les sirènes de la ville retentissent, et ensuite les gens présents à la cérémonie, dans leurs foyers, sur les lieux de travail, observent une minute de silence en honneur des victimes du bombardement, et prient pour la réalisation d’une paix mondiale éternelle. »

Le site Internet relate également les nombreux efforts fournis pour interdire les essais et les armes nucléaires. Ce qui s’est passé en ce matin d’été 1945 motive les sponsors du site Internet à faire tout ce qu’ils peuvent pour que l’impensable ne se reproduise pas.

Un meilleur monde ?

Même si les efforts fournis par la ville d’Hiroshima sont louables, le monde ne s’est pas amélioré au niveau des armes nucléaires depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale.

Pendant une période assez courte, les États-Unis ont joui du monopole des armes atomiques. Cependant, l’immense puissance qui fut déclenchée sur le Japon a ouvert une ère où d’autres nations ont cherché à obtenir leur propre arsenal nucléaire. L’Union soviétique, après plusieurs tentatives visant à se procurer la connaissance et la matière, mit un terme au monopole américain en 1949 avec le déclenchement de sa version de l’arme. Le succès rapide de Joseph Staline pour obtenir la bombe A surprit de nombreux experts et chefs militaires américains. Ce fut alors le commencement d’un monde dominé par la course à l’armement. Les économies des deux superpuissances leur permirent de continuer à développer et perfectionner leurs arsenaux, entraînant le monde dans la Guerre froide. Et même si cette guerre est terminée, le fantôme de la dévastation nucléaire n’a pas disparu avec la désintégration de l’empire soviétique.

À l’heure actuelle, les stocks d’armes nucléaires connues ne se limitent pas aux États-Unis et à la Russie. Depuis 1949, plusieurs nations ont rejoint la liste des détenteurs de l’arme atomique : le Royaume-Uni, la France, la Chine, Israël, l’Inde et le Pakistan. De plus, certaines autorités craignent que plusieurs républiques de l’ancienne Union soviétique possèdent des armes nucléaires dans leurs arsenaux : l’Ukraine, le Kazakhstan, l’Ouzbékistan et la Géorgie pourraient détenir des armes, d’origine soviétique, relativement vieilles mais toujours puissantes. Et différents pays d’Amérique du sud, du Moyen-Orient et d’Asie souhaitent obtenir ou possèdent déjà les matières nécessaires pour mener seuls des programmes nucléaires à grande échelle. D’autres nations avaient par le passé des capacités nucléaires mais affirment qu’elles ont depuis démantelé leurs programmes.

« Nous avons percé le mystère de l’atome et rejeté le Sermon sur la montagne… Le monde a obtenu l’éclat sans la sagesse, la puissance sans la conscience. Notre monde est un monde de géants sur le plan nucléaire et de nains sur le plan éthique. »

Général Omar Bradley, 1948

Les questions qui doivent être posées par les leaders mondiaux, plus de soixante ans après Hiroshima, n’ont pas de réponses faciles. L’historien Keegan fait le résumé suivant : « L’héritage de la Première Guerre mondiale était de persuader les vainqueurs, et non les vaincus, que les coûts de la guerre étaient supérieurs à ce qu’on en retirait. L’héritage de la Seconde Guerre mondiale, peut-on dire, était de convaincre les vainqueurs et les vaincus de la même chose. » Keegan livre une pensée qui peut sembler perdue pour certains vivant dans ce nouveau millénaire et très éloignés des évènements de 1945 – à savoir que le vrai héritage d’Hiroshima est que l’humanité partage la responsabilité pour maîtriser les outils d’anéantissement, des outils que l’humanité a elle-même créés.

Le physicien Szilard affirmait dans sa pétition de 1945 que l’utilisation de l’arme entraînait aussi de grandes responsabilités morales. « Le développement du nucléaire fournira aux nations de nouveaux moyens de destruction », écrivit-il. « Les bombes atomiques à notre disposition ne représentent que le premier pas dans cette direction, et il n’y a aucune limite à la capacité de destruction qui deviendra disponible au cours de leur développement à venir. »

Alors que le monde lutte contre l’héritage d’Hiroshima, certains craignent que des nations mal intentionnées ne refassent sortir le génie nucléaire de sa bouteille. Le souci principal est que sans surveillance et contrôle, quelqu’un pourrait faire entrer dans une ville occidentale importante des petites armes nucléaires ou des bombes sales. Les conséquences éventuelles sont presque impensables. Mais il semblerait que ce soit plus qu’une simple éventualité lorsque l’on regarde l’histoire de l’humanité et l’usage qu’elle fait des armes.

D’un point de vue biblique, il est prédit que le monde sera tout près d’être complètement détruit. Dans une prophétie qu’il donna juste avant sa mort, Jésus de Nazareth parla d’une époque de grande tribulation comme il n’en aura jamais eue, et « si ces jours n’étaient abrégés, personne ne serait sauvé » (Matthieu 24 : 22). Lorsque l’on prend les autres prophéties qui semblent décrire les effets terribles de nouvelles armes (voir Apocalypse 9), ce qui est arrivé aux deux villes japonaises ne représente que le début des souffrances.

Plus de soixante ans après l’explosion de ce soleil fait de mains d’hommes au-dessus d’Hiroshima, un homme réfléchi nous a rappelé que « nous devons apprendre à penser d’une autre façon. » Dans un article publié le 17 mai 2005 dans le New York Times, feu Joseph Rotblat, prix Nobel de la paix et seul scientifique à avoir démissionné du projet Manhattan pour des raisons morales, s’est référé au manifeste Russell-Einstein de 1955. Rotblat, ainsi que dix autres scientifiques, signèrent ce manifeste opposé à la guerre nucléaire, qui fut la dernière démarche publique d’Albert Einstein juste avant sa mort. Einstein, tout comme Rotblat, ne cessa de mettre en garde contre la folie humaine du développement nucléaire à des fins agressives.

Jésus n’a pas agi différemment lorsqu’il a mis en garde, il y a deux mille ans, en disant que rien n’arrêterait l’humanité.