Printemps 2001

Société et culture

Une civilisation peut-elle s’écrouler ?

David Hulme

Cela s’est déjà passé. Cela peut se passer encore. Mais ce n’est pas la fin de l’histoire.

L’écolier moyen dans le monde occidental, à un moment donné de sa scolarité, étudie la chute de l’Empire romain. C’était une civilisation que le monde n’avait encore jamais vue, une immense puissance et étendue géographique, invincible, englobant tout. Pourtant vint le moment où elle s’écroula et disparut.

L’image d’un empire autrefois invincible étant réduit en poussières est une image qui nous perturbe lorsque nous pensons à notre propre culture occidentale sophistiquée, complexe et dominante. Après tout, on nous dit que la démocratie et le système capitaliste ont triomphé et que l’évolution de l’économie a atteint son apogée.

Mais se pourrait-il que nous ayons le même destin que celui des Romains d’autrefois ? La civilisation telle que nous la connaissons peut-elle soudainement s’écrouler ? Il se peut que cette société globale liée de façon complexe soit beaucoup plus fragile qu’on ne le pense.

À quel point une civilisation peut-elle être vulnérable ?

À la fin du 19ème siècle, des archéologues fouillèrent la zone inondable de l’Euphrate à la recherche de villes perdues. Les ruines qu’ils trouvèrent furent jadis le centre de la civilisation. Ces villes étaient riches en art et littérature et jouissaient d’une agriculture abondante. Là-bas, dans ce qui est aujourd’hui l’Iraq, les archéologues trouvèrent les ruines et les artefacts des cultures – jadis orgueilleuses – assyrienne et babylonienne.

L’effet que produit cet ancien monde recouvert de sable sur ces visiteurs du 19ème siècle fut peut-être quelque peu différent de ce qu’il serait aujourd’hui. Ils n’étaient peut-être pas si préoccupés des similitudes éventuelles avec leurs propres nations. Après tout, ils vivaient dans une période de confiance en la civilisation occidentale et de fierté pour ses réalisations. Les nations très dynamiques de l’Europe occidentale dominaient le commerce international ainsi que l’industrie en cette fin agitée du 19ème siècle.

Aujourd’hui, nous vivons dans un monde bien moins sûr de ses attaches, bien moins confiant en son avenir. Peut-être qu’un visiteur moderne de ces mêmes ruines en Iraq réalisera que notre civilisation pourrait terminer de la même façon : dans une pile de débris balayés par les vents. Il se peut que nous trouvions notre civilisation du 21ème siècle fragile, tout comme les Assyriens et les Babyloniens trouvaient aussi la leur fragile.

Y-a-t-il une source capable de donner confiance en l’avenir ? Est-il possible d’être rassuré sur la crainte au sujet de notre civilisation ?

Cette source existe, mais à moins que l’orgueil humain ne soit tenu en bride, il est garanti que nous ferons à nouveau face à la perte d’une civilisation.

Dans un livre aussi ancien que les ruines se trouvant sous les sable du Moyen-Orient, le seul qui puisse procurer un réconfort durable affirme qu’il a joué un rôle dans la chute de civilisations orgueilleuses : « Je punirai le roi d’Assyrie pour le fruit de son cœur orgueilleux, et pour l’arrogance de ses regards hautains », déclaration recueillie par le prophète hébreu Ésaïe (Ésaïe 10 : 12). Il écrivit encore : « Et Babylone, l’ornement des royaumes, la fière parure des Chaldéens, sera comme Sodome et Gomorrhe, que Dieu détruisit » (Ésaïe 13 : 19).

Dieu, pourtant, par l’intermédiaire de ses prophètes, confirme également qu’il jouera un rôle dans le futur prospère qu’auront différents peuples anciens. Par exemple, Ésaïe affirme qu’il arrivera une époque où « Israël sera, lui troisième, uni à l’Égypte et l’Assyrie, et ces pays seront l’objet d’une bénédiction. L’Éternel des armées les bénira, en disant : Bénis soient l’Égypte, mon peuple, et l’Assyrie, œuvre de mes mains, et Israël mon héritage ! » (Ésaïe 19 : 24-25).

Comment se peut-il que Dieu, qui affirme qu’il punit les cultures au point de faire disparaître leur gloire, les restaurera dans la paix et l’harmonie ? La réponse est liée à un autre évènement prophétisé : le retour de Jésus-Christ sur la terre.

Il y a un grand dessein dans tout ce que Dieu conçoit et permet. Il nous rappelle son contrôle suprême en ces termes : « Souvenez-vous de ce qui s’est passé dès les temps anciens ; car je suis Dieu, et il n’y en a point d’autre, je suis Dieu, et nul n’est semblable à moi. J’annonce dès le commencement ce qui doit arriver, et longtemps d’avance ce qui n’est pas encore accompli ; je dis : mes arrêts subsisteront, et j’exécuterai toute ma volonté » (Ésaïe 49 : 9-10).

La civilisation humaine peut-elle s’écrouler ? Sans aucun doute. Continuera-t-elle à échouer ? Certainement. La civilisation sera-elle restaurée de telle manière que la paix et la prospérité seront assurées pour tous ? Eh bien en fait, c’est là le message de la Bible.

À l’époque du début du Nouveau Testament, les premiers disciples de Jésus-Christ croyaient fermement qu’une nouvelle ère allait finalement s’ouvrir pour l’humanité. Ils vivaient encore sous la puissance de l’Empire romain, une civilisation de fer qui les tenaient dans ses griffes. Pourtant, ils savaient des anciens prophètes et de ce que Jésus leur avait enseigné qu’un monde nouveau viendrait au moment de son retour.

Faisant part de leurs convictions, le livre des Actes s’exprime de cette manière : « Mais Dieu a accompli de la sorte ce qu’il avait annoncé d’avance par la bouche de tous ses prophètes, que son Christ devrait souffrir. Repentez-vous donc et convertissez-vous, pour que vos péchés soient effacés, afin que des temps de rafraîchissement viennent de la part du Seigneur, et qu’il envoie celui qui vous a été destiné, Jésus-Christ, que le ciel doit recevoir jusqu’au temps de rétablissement de toutes choses, dont Dieu a parlé anciennement par la bouche de ses saints prophètes d’autrefois » (Actes 3 : 18-21).

L’Église primitive comprit que « le temps de rétablissement de toutes choses » faisait référence à l’établissement du très attendu royaume de Dieu sur la terre, une époque où la civilisation humaine divisée laissera la voie au règne salutaire de Dieu.