Hiver 2002

Société et culture

Notre goût pour l’agressivité

Edwin Stepp

« Dites-moi ce que vous mangez et je vous dirai qui vous êtes », a un jour écrit Jean Anthelme Brillat-Savarin, politicien français et gastronome légendaire.

Depuis qu’il a écrit ces mots de sagesse au début du 19ème siècle, la citation s’est transformée en un proverbe bien connu: «Nous sommes ce que nous mangeons.» Tous les parents connaissent les principes qui se cachent derrière le sens littéral de cette sagesse. Si vos nourrissez vos enfants de saletés, il est peu probable qu’ils restent en bonne santé.

Bien sûr, le proverbe ne parle pas que de notre alimentation. Il est aussi utilisé au sujet de la façon dont nous nous développons mentalement et de ce que nous faisons ingurgiter à notre esprit. Que ce soit lors d’un divertissement occasionnel ou dans le cadre d’un enseignement structuré, ce que nous permettons à nos esprits de penser va affecter notre développement spirituel et notre caractère ainsi que notre bien-être émotionnel et physique. Le sens figuré du proverbe est aussi vrai et important que le sens littéral.

Il n’est donc pas étonnant que de nombreuses personnes se fassent des soucis au sujet de ce que nos enfants «mangent» mentalement. Un regard rapide sur les derniers programmes de cinéma et de télévision, ou sur les magasins de jeux vidéo, révèle clairement que les enfants risquent de souffrir de malnutrition ou même d’être empoisonnés à cet égard.

SUREXPOSÉS

Le 5 novembre 2001, l’Académie américaine de pédiatrie (American Academy of Pedriatrics – AAP) a fait paraître un rapport affirmant que la corrélation entre les divertissements à caractère violent et le comportement agressif est plus forte qu’entre la consommation de calcium et la masse osseuse ou entre la fumée des cigarettes et le cancer du poumon.

Cette étude a révélé que «les enfants américains âgés de 2 à 18 ans utilisent les médias (télévision, cassettes vidéos commerciales ou personnelles, films, jeux vidéo, presse écrite, radio, musique enregistrée, ordinateur et internet) en moyenne 6 heures 32 par jour.» Étant donné que les jeunes sont très exposés, les médias sont plus influents pour modeler leurs attitudes et leurs actes que ne le sont les parents ou les professeurs. Ces derniers sont ainsi remplacés par les médias dans leur rôle d’éducateurs, de modèles et de sources d’informations principales sur le monde ainsi que la manière de s’y comporter. Selon le rapport, la recherche associe l’exposition à la violence médiatique aux problèmes physiques et psychologiques qu’ont les enfants ou adolescents, comme par exemple les comportements agressifs, la désensibilisation à la violence, les phobies, la dépression, les cauchemars et les troubles du sommeil.

En septembre 2000, la FTC (U.S. Federal Trade Commission – commission fédérale américaine du commerce) a bouclé une étude d’un an et demi qui a confirmé ce que beaucoup de parents et autres personnes soupçonnaient: non seulement Hollywood et les fabricants de jeux vidéo n’ont pas réussi à limiter l’accès des jeux et films violents aux jeunes mais ils ont en fait ciblé les enfants en fabriquant et vendant du divertissement violent. La commission a publié un rapport de 104 pages intitulé «La vente de divertissements violents aux enfants», rapport qui passe en revue les techniques commerciales des industries du cinéma, de la musique et des jeux électroniques. Le Congrès a tenu des audiences pour évaluer le rapport et déterminer un plan d’action qui aura pour but de faire cesser les techniques commerciales que le président de la FTC Robert Pitofsky considère comme «particulièrement dérangeantes.»

Lors de son discours d’ouverture au comité sénatorial pour le commerce du Sénat, M.Pitofsky a déclaré: «Les compagnies dans l’industrie du divertissement font régulièrement entorse à leurs propres règles de classification en commercialisant des films, des disques et des jeux vidéo violents qui ont pour cible les jeunes.»

Selon lui, même si ces trois industries ont leurs propres règles censées classifier leurs produits dans le but d’aider les parents à choisir les divertissements de leurs enfants, la FTC a constaté que ces trois industries prennent régulièrement pour cibles les enfants dans leurs compagnes de publicité et de marketing pour leurs produits de divertissement violents.

Pitofsky a relevé certaines communications entre des professionnels de l’industrie qui étaient, à son avis, condamnables. Il affirme: «Un document traitait d’un film, suite d’un premier film interdit aux moins de 17 ans, et dont le département marketing s’attendait à ce que la suite soit aussi interdite au moins de 17 ans. Le document affirmait: ‘Nous avons les preuves que l’audience du premier film est descendue jusqu’à 10 ans. Cependant, cela semble avoir du sens d’interviewer aussi les 10-11 ans.’ Un deuxième document concernant un jeu vidéo faisait référence à la cible d’acheteurs potentiels comme étant les ‘hommes de 17 à 34 ans, pour adultes uniquement’, et entre parenthèses apparaissait la mention: ‘(la vraie cible, ce sont les 12-34 ans de sexe masculin.’ Pourtant, d’autres documents évoquent des plans pour promouvoir des jeux avec une limite d’âge à différents clubs de garçons et de jeunes filles, ainsi que lors d’un jeu de basket-ball pour jeunes, parmi d’autres.»

Suite à l’étude de la FTC et aux nombreuses séances du Congrès, de nouvelles règles de classification furent établies pour la télévision, les films et les autres divertissements. En juillet 2001, le Congrès s’est à nouveau réuni pour analyser les résultats des nouvelles règles. Le Sénat a entendu des témoignages de cadres de l’industrie, de parents, d’experts et de critiques de médias, qui ont tous parlé des problèmes causés par les nouvelles règles.

« Il y a trop de choses pourries, trop de violence, trop de sexe sans que l’on pense aux conséquences, et cela aura un effet certain sur la société. »

Joseph Lieberman, chef du comité du Connecticut

«Il y a trop de choses pourries, trop de violence, trop de sexe sans que l’on pense aux conséquences, et cela aura un effet certain sur la société», a déclaré Joseph Lieberman, chef du comité du Connecticut. Il pense que les règles de restriction actuellement utilisées ont besoin d’avoir des normes plus précises et plus uniformes.

Michael Rich, maître assistant en pédiatrie à l’école médicale d’Harvard, a participé à l’élaboration de la déclaration de principe de l’AAP au sujet de la violence dans les médias. Il affirme: «N’importe quel parent qui va dans un supermarché ou dans un magasin pour acheter de la nourriture pour ses enfants regarde la composition des produits pour connaître les ingrédients. Nous n’avons pas de règles de classification qui se basent sur le contenu, donc nous ne savons pas avec quoi nous alimentons l’esprit de nos enfants.»

CONTREPOINT

Tout en produisant à la chaîne de la violence de plus en plus crue, Hollywood reconnaît néanmoins que des règles de classification sont nécessaires et que les films violents ne sont pas bons pour les jeunes.

Aussi surprenant que cela puisse paraître, tout le monde n’est pas de cet avis. Certains ont eu l’audace d’expliquer que la violence à la télévision était en fait bonne pour les enfants. Jib Fowles, professeur de communication à l’université de Houston, à Clear Lake, fait partie de ceux-là. Dans une récente interview donnée à Vision, Fowles a affirmé que «la violence imaginaire sur l’écran de télévision – parfois sous la forme de dessins animés ou sous une autre forme – aide l’enfant à libérer les tensions et les animosités.» Fowles croit que la télévision est devenue le «souffre-douleur» de la lutte entre la «culture de haut niveau» (ceux qui préfèrent les beaux-arts comme la musique classique, l’opéra et les documentaires) et la «culture de bas niveau» (ceux qui préfèrent du divertissement moins raffiné comme Rambo ou les soirées de catch). Fowles pense que ces deux groupes correspondent généralement à deux classes sociales, et il affirme que la télévision est devenue le bouc émissaire de la lutte actuelle entre la haute société et la classe populaire.

Le Parents Television Council (PTC), une organisation populaire à but non lucratif, connaît bien l’argument de Fowles. L’organisation reçoit parfois des messages électroniques et des lettres de détracteurs qui essaient d’expliquer que la télévision peut être utile à cet égard. D’autres soutiennent que la télévision a peu ou pas d’influence sur le comportement des enfants.

«L’argument est ridicule» affirme Brent Bozell III, fondateur et président de PTC. «Les professionnels de la publicité versent chaque année des milliards de dollars dans des publicités à cause de l’efficacité prouvée qu’un spot de 30 secondes a pour influencer les comportements des consommateurs. Si les chaînes de télévision acceptent l’argent sur ce principe, il est irraisonnable et hypocrite de leur part d’affirmer ensuite que le reste de la programmation, qui représente ce que les téléspectateurs choisissent en fait de regarder, n’a pas d’influence. Pour contrer cet argument, les défenseurs du divertissement agressif projettent l’image d’un homme de paille à faire tomber, image d’une personne parfaitement normale et équilibrée qui regarde un programme et qui devient un tueur. Mais personne n’a suggéré que cela fonctionne comme ça.»

Selon l’AAP, parmi les 3500 études qui ont examiné la violence dans les médias et le comportement violent, toutes, sauf 18, ont montré qu’il y avait un lien. Bien que la théorie de Fowles en faveur de la violence ne soit officiellement partagée que par une faible minorité qui se dit être experte en la matière, lorsque l’on en juge par ce qui sort d’Hollywood, on ne peut que se demander si ceux qui partagent cette croyance ne sont pas plus nombreux. Peu de personnes affirmeraient ouvertement que le fait que nos enfants soient exposés à la violence est une bonne chose pour eux. Pourtant, les programmes violents à la disposition des téléspectateurs semblent se multiplier, et ce en dépit d’une pression accrue des chefs politiques, des associations de parents et des experts en médias pour la limiter.

POSER LES BONNES QUESTIONS

Le Center for Media Literacy fait monter les enchères dans ce problème en se concentrant sur une question différente. Selon leur site internet, «le débat sans fin sur la violence dans les médias a été alimenté d’une question à laquelle on ne peut pas répondre: Est-ce que le fait de regarder de la violence rend une personne violente? La raison pour laquelle nous n’avons pas avancé sur ce problème pendant les 40 dernières années, c’est que c’est la mauvaise question à poser sur la violence dans les médias. La vraie question devrait être celle-ci: Quel est l’impact à long terme sur notre psyché nationale lorsque des millions d’enfants, dans leurs années formatrices, grandissent en étant bombardés par de puissants messages visuels et verbaux qui montrent que la violence est la solution préférée pour résoudre des problèmes et qui normalisent la peur et la violence pour faire croire que ‘c’est comme ça la vie’?»

Daphne White est la fondatrice et directrice exécutive de Lion & Lamb Project (le projet lion et agneau), une organisation à but non lucratif basée à Washington D.C., et qui se concentre sur le fait de limiter l’exposition des enfants à la violence des médias. Il a déclaré à Vision que «les médias donne une image du monde beaucoup plus violente qu’il ne l’est réellement. Et ils ne nous montrent aucune alternative. Peu de films montrent la solution à des conflits, la permutation ou des personnes qui mettent les problèmes au clair. Les gens ont des problèmes. Il se peut qu’ils aient des sentiments violents. La question est: dans quel sens voulons-nous encourager les enfants lorsqu’ils ont des pensées violentes ou sont en colère? Devraient-ils sortir et tirer sur quelqu’un ou devraient-ils avoir d’autres méthodes pour s’occuper de leurs sentiments ou des personnes ou choses qui causent ces sentiments?»

Plus que jamais, «nous entraînons cette génération à être de meilleurs tueurs», faisait remarquer Michael Gurian dans une récente interview à Vision. Psychothérapeute, conférencier et auteur de nombreux livres (par exemple : The Good Son: Shaping the Moral Development of Our Boys and Young Men, ou encore: Boys and Girls Learn Differently!), Gurian croit que notre culture a atteint un point critique. Citant «un engourdissement éthique accru, un laisser-aller moral et un vide spirituel chez les garçons et les jeunes hommes», il a le sentiment que beaucoup de parents ont abandonné le développement moral de leurs enfants en le laissant aux mains de médias «potentiellement toxiques».

Selon Gurian, un enfant moyen voit presque 100000 images violentes dans les médias avant d’atteindre l’âge de 18 ans. 

Selon Gurian, un enfant moyen voit presque 100000 images violentes dans les médias avant d’atteindre l’âge de 18 ans. Cela cause des dégâts, en particulier si les enfants ne grandissent pas dans un solide environnement moral.

Beaucoup se sont demandés pourquoi ce sont surtout des garçons qui commettent des actes violents comme la fusillade au lycée de Colombine du 20 avril 1999. M. Gurian note que la testostérone est une hormone de l’agressivité, et que les garçons peuvent en avoir un niveau 20 fois plus élevé que les filles. À cause de cela, et de la structure du cerveau masculin ainsi que de la façon dont il se développe, les garçons sont plus attirés par les images violentes que les filles. «Les garçons éprouvent également plus de difficultés à contrôler leurs impulsions violentes», affirme-t-il, «ce qui est pour nous une raison supplémentaire d’arriver à comprendre comment les médias affectent les petits garçons. Très souvent, [les médias] cherchent à exploiter les mauvaises impulsions au lieu d’encourager un développement sain. Cette exploitation ne serait pas un problème si ceux qui écrivent ces histoires étaient comme des membres problématiques de notre famille habitant loin et que nos enfants ne verraient que peu. Mais ce n’est pas le cas; ils ont constamment accès auprès de nos enfants.»

M. Gurian ajoute: «Nos garçons sont nombreux à ne pas avoir un raisonnement moral qui corresponde à leur âge. C’est notre faute collective. Les garçons ont continuellement besoin de rester en contact avec des principes moraux. Ils en ont besoin comme fondements à la fois pour l’accord moral et la rébellion morale. Lorsque les garçons arrivent à l’adolescence, parfois dès neuf ans, ils ont besoin d’un débat moral et d’une logique morale plus approfondie.»

Mais Gurian croit que la formation morale doit commencer encore plus tôt. «Même en tant que petit enfant, votre fils connaît une croissance et un développement moral. Un petit enfant peut penser de façon morale sans pour autant s’exprimer verbalement, la plupart du temps par la réponse qu’il reçoit de la personne qui a autorité sur lui. Le petit enfant comprend qu’il doit faire les choses qui procurent de la joie à cette autorité et non de la peine ou de la désapprobation.»

Plus tard, à l’âge de la maternelle, les enfants perçoivent presque chaque personne ou personnage de télévision comme des éducateurs. Gurian explique que «un enfant de trois ans ne regarde pas Barney ou Big Bird ou encore Walker, Texas Ranger, seulement comme des personnages de télévision. L’enfant les regarde comme étant des professeurs, des mentors ou des éducateurs. L’enfant cherche à imiter le caractère superficiel et les actions de Batman, Spiderman ou du criminel violent qu’il voit lorsque ses parents l’autorisent à regarder un drame policier.»

DES ADULTES RESPONSABLES

Bien évidemment, la première responsabilité d’élever des enfants non violents et forts mentalement incombe aux parents et aux autres personnes s’occupant des enfants. Étant donné que la violence dans les médias est en train d’escalader et de devenir plus accessible grâce à Internet, il est très important que les parents comprennent les dangers qu’il y a à délaisser le développement moral de leurs enfants.

Pourtant, les médias, les artistes et les producteurs ne sont pas pour autant sortis d’affaire. Dans la préface du livre de Mark Joseph intitulé Rock & Roll Rebellion (1999), Michael Medved, critique des médias, souligne pourquoi cela ne suffit pas que les parents essaient de protéger leurs enfants: «Vous pouvez mettre votre télévision dans le garage, ne jamais regarder de films et utiliser des boules Quiès pour ne pas entendre les sons du hip hop ou du heavy metal, mais ces genres de divertissement vont quand même changer votre vie par l’influence qu’ils ont sur tous les autres membres de la société.»

Mme White, du projet Lion & Lamb, insiste sur le fait qu’en grande partie, la solution consiste à ce que les parents, les politiciens et autres responsables maintiennent la pression sur l’industrie médiatique pour qu’elle s’améliore. Elle affirme: «De toute évidence, les familles brisées et dysfonctionnelles sont un grand problème face auquel l’Amérique des entreprises ne peut forcément rien faire. Mais ces enfants [issus de familles dysfonctionnelles] sont encore plus affectés que les autres enfants par la violence et l’agressivité de ces programmes. Ils connaissent déjà beaucoup d’agressivité et de dysfonctionnement dans leur vie, et peut-être même de la violence abusive. Donc le fait de glorifier cette violence et de la présenter comme étant normale et même désirable et excitante ne va qu’aggraver le cycle dans lequel ils se trouvent déjà.»

« Nous ne donnerions pas une drogue à nos enfants seulement parce qu’ils la demandent. C’est important que les parents sachent dire non. »

Daphne White

Bien que Mme White se concentre sur le fait de mettre la pression sur l’industrie du divertissement, elle pense également que les parents jouent un rôle primordial dans cette solution: «Un aspect de cet effet d’appétit est qu’une fois que les gens y sont exposés, il se peut qu’ils le trouvent excitant. C’est présenté comme étant excitant et l’on ressent une montée d’adrénaline par la musique, les images et la vitesse. Il se peut que les enfants en veuillent encore davantage, tout comme les enfants veulent parfois des cigarettes, de l’alcool et des drogues s’ils y sont exposés. Et pourtant, nous ne donnerions pas une drogue à nos enfants seulement parce qu’ils la demandent. C’est important que les parents sachent dire non. Donc, en fait, nous faisons appel à l’industrie pour qu’elle soit beaucoup plus responsable, et également aux parents – à tous les adultes! – pour être plus responsables.»

Le PTC, dont les membres sont des centaines de milliers de parents soucieux, croit que les publicitaires font partie de ceux qui doivent être plus responsables. En fait, le PTC a rencontré tellement de succès pour convaincre les grandes entreprises d’arrêter de sponsoriser l’émission Smackdown! de la World Wrestling Federation (WWF - Fédération internationale de catch) qu’en novembre, cette dernière, ressentant l’effet produit, a intenté un procès contre le PTC.

SE METTRE AU RÉGIME MENTAL

Nos enfants ont un grand appétit. Si nous leur présentons des aliments sans valeur nutritive et sans restriction ou sans les aider à juger ce qui est bon à manger, il ne faudra pas être surpris lorsqu’ils commenceront à souffrir des conséquences négatives. Pourtant nous sommes choqués et consternés lorsqu’il y a une fusillade comme celle de Columbine. Pourquoi donc puisque lorsque l’on regarde autour de nous, on voit que nous sommes tous – et pas que les enfants – bombardés d’images violentes et négatives?

Nous sommes responsables de ce que nos enfants ingurgitent mentalement, émotionnellement et spirituellement. Les parents doivent contrôler davantage le développement moral de leurs enfants et ne pas laisser cette tâche à Hollywood. En tant que communauté, nous devons rejeter le divertissement violent pour que la possibilité de faire des profits se volatilise.

Il y a 50 ans, toutes les classes sociales auraient été choquées par les programmes de divertissement qui sont présentés à l’heure actuelle.

En fait, il se peut que M. Fowles, de l’université de Houston, soit plus près de la vérité que l’on ne croit. La télévision et l’industrie du divertissement sont devenus le point central d’un problème plus grave. Ce n’est pas une lutte des classes économiques mais plutôt une bataille morale. Il y a 50 ans, toutes les classes sociales auraient été choquées par les programmes de divertissement qui sont présentés à l’heure actuelle. Le climat moral ne les aurait tout simplement pas tolérés. Cela ne veut pas dire que les générations précédentes étaient moralement parfaites, mais au début du siècle précédent, les producteurs de films auraient réalisé de faibles bénéfices avec une violence très crue. Qu’est-ce qui a changé dans la société pour que la violence soit aujourd’hui si répandue et si rentable?

Se pourrait-il que nous ayons été si longtemps nourris par un divertissement de plus en plus violent que finalement nous y avons tous pris goût? En se fiant à ce qui se vend bien dans le monde du divertissement, il apparaît clairement que nous acceptons plus la violence que la génération qui a vécu avant que la télévision ne domine. La tendance peut-elle être renversée? Pouvons-nous éliminer les raisons qui donnent espoir à l’industrie du divertissement?

Alors que les politiciens confirment du bout des lèvres le fait largement accepté que les divertissements violents sont nuisibles, les gouvernements ne peuvent être – et ne seront pas – accusés du redoutable mot «censure». Et l’industrie du divertissement, quant à elle, n’abandonne pas son objectif: faire des bénéfices. Le seul recours est de stopper la demande. Comme M. White l’a dit, c’est un problème qui doit être résolu par «tous les adultes». Nous devons tous dire non et jeter à la poubelle les films violents, sans se soucier si le divertissement est pour enfants ou pour adultes.

Les parents ne doivent pas délaisser le développement spirituel de leurs enfants mais doivent être au contraire proactifs, s’assurant qu’on leur inculque des valeurs morales positives qui fournissent des solutions non violentes aux problèmes. La santé de nos enfants et la promesse d’une société agréable sont en jeu.