Hiver 2014

Science et environnement

Franchirons-nous la ligne ?

Dan Cloer

La vie sur Terre a frôlé à maintes reprises l’extinction massive. Mais jusqu’à notre entrée en scène, aucune forme de vie n’avait eu la possibilité de franchir la ligne de l’autodestruction.

Il existe une ligne de démarcation que les géologues appellent la « limite K‑Pg » (K‑Pg pour Crétacé-Paléogène). Elle indique le moment d’un énorme désastre, quand la Terre a rencontré un étranger venu de l’espace : un astéroïde. La largeur de l’objet est évaluée à environ dix kilomètres, et son impact sur la côte de la péninsule du Yucatán a probablement dégagé plus de 100 millions de mégatonnes d’énergie (une mégatonne équivalant en énergie à environ un million de tonnes de TNT).

L’astéroïde lui-même s’est vaporisé en un instant, projetant de la suie et de la poussière dans l’atmosphère. L’onde de choc qui s’est propagée a été suivie de tremblements de terre et de tsunamis énormes. Un voile de débris a rapidement enseveli la planète. Incendies gigantesques, pluies acides, changement climatique et variations du niveau des mers ont tous contribué à l’extinction de 70 % au moins des espèces qui vivaient sur terre. En se déposant lentement, la poussière a laissé une fine couche d’iridium (élément rare sur notre planète mais courant dans les astéroïdes), gravant ainsi l’événement dans la mémoire de la roche.

La limite K-Pg est importante car elle pointe la fin d’une ère et le début d’une autre. Au-dessous de la ligne, des fossiles de dinosaures racontent l’histoire de leur domination ; au-dessus, les mammifères se répandent. Pour le T. rex et ses acolytes qui prospéraient au Crétacé (K), ce fut la fin du monde ; pour les mammifères du Paléogène (Pg) naissant, ce fut un nouveau départ.

Mais il n’est plus besoin d’un astéroïde pour causer des ravages planétaires. Notre entrée dans l’ère atomique a elle aussi créé une ligne de démarcation. Nous l’avons franchie en 1945 quand l’essai Trinity, réalisé dans le désert du Nouveau-Mexique, a transformé le sable en verre vert. Jour après jour, notre position de ce côté de la ligne devient plus précaire. Nos inquiétudes à l’égard de la prolifération nucléaire (possibilité pour l’Iran ou la Corée du Nord, ou tout autre pays, de développer seul des armes nucléaires) sont réelles et déstabilisantes.

« Chaque homme, chaque femme, chaque enfant, vit sous une épée de Damoclès nucléaire suspendue par le plus mince des fils, qui peut être tranché à tout moment par accident, par erreur de calcul ou par folie. »

John F. Kennedy, Discours à l’assemblée générale des Nations unies, 25 septembre 1961

Aujourd’hui, on estime que les États-Unis, la Russie, la Chine, la Grande-Bretagne et la France contrôlent environ 17.000 armes nucléaires. Si chacune d’elles est d’une puissance moyenne de 300 kilotonnes (l’équivalent de 300.000 tonnes de TNT, taille moyenne, dit-on, des armes nucléaires états-uniennes), nous avons accumulé une puissance destructrice de 5.100 mégatonnes. Pour replacer cette donnée dans son contexte, disons qu’une bombe de une mégatonne pourrait détruire plus de 200 kilomètres carrés si elle explosait sur terre.

Que va-t-il advenir de cette puissance effrayante ?

Une réaction en chaîne

Il a été étonnamment facile d’atteindre notre niveau actuel de capacité destructrice. Et il n’a pas été difficile d’aboutir dans l’impasse d’une « destruction mutuelle garantie » (l’idée que ma force de représailles va dissuader ta capacité de m’anéantir). C’était purement et simplement une tactique de cour de récréation surmultipliée et appliquée à la géopolitique. Ce qui était nouveau, c’était de partir d’un raisonnement attaché à des troupes, munitions et transports, pour appliquer le théorème d’Einstein (E = mc2) à la fission nucléaire.

Après qu’Enrico Fermi a réussi la première réaction atomique en chaîne en 1942 et qu’on a pris conscience de la possibilité de créer des armes toujours plus puissantes, l’étape suivante était logiquement une concrétisation sous la forme d’une bombe. La lettre d’Albert Einstein à Franklin Roosevelt, rédigée par son collègue physicien Leo Szilard, a été à l’origine du projet Manhattan dont l’objectif affiché par les États-Unis était de fabriquer une bombe atomique.

Comme l’ancien concepteur de bombes Thomas Reed et le physicien Danny Stillman le racontent dans leur histoire de la prolifération nucléaire, c’est l’antisémitisme nazi qui a conduit les physiciens allemands en Amérique et en Grande-Bretagne : « À l’été 1942, la diaspora scientifique européenne s’était temporairement installée à Berkeley, à Columbia et à l’université de Chicago. Craignant les capacités de Berlin, ces réfugiés et leurs hôtes américains étaient déterminés à vaincre Hitler par K.-O. nucléaire » (The Nuclear Express, 2008).

La course à la découverte des secrets de l’énergie atomique avait commencé. L’historien Ferenc Szasz affirme qu’une fois le projet lancé, il était impossible de revenir en arrière, et « il était à prévoir que l’achèvement de la bombe serait immédiatement suivi d’action. […] La décision d’employer ou non la bombe atomique pour contraindre les Japonais à capituler n’a jamais vraiment été un problème. »

Même Leo Szilard, qui s’est rapidement prononcé contre l’utilisation de la bombe sur une ville, pensait qu’il fallait démontrer publiquement sa puissance pour faire naître un consensus en faveur d’un futur contrôle supranational.

La fin était proche

Le 16 juillet 1945, deux mois après la victoire des Alliés en Europe, Harry Truman écrivait dans son journal : « J’aspire à une forme de paix, mais je crains que les machines ne soient en avance de plusieurs siècles sur les valeurs morales et que lorsque celles-ci rattraperont leur retard, toute morale ne soit devenue inutile. » À ce stade, ils avaient franchi le point de non-retour ; le général Leslie Groves, chef du projet Manhattan, qualifiait Truman de « petit garçon sur un toboggan », selon Ferenc Szasz. Toutes les pièces étaient en place et, pour ainsi dire, la mèche était allumée. La fin de la guerre dans le Pacifique était imminente.

Si certains avaient suggéré une explosion de nuit sur Tokyo à haute altitude (donc non mortelle), d’autres pensaient que les États-Unis auraient plus de prise sur les Soviétiques d’après-guerre si la puissance destructrice de la bombe était clairement donnée à voir. Comme Winston Churchill l’a écrit plus tard dans ses mémoires, « autour de notre table, l’accord fut unanime, automatique et incontesté » pour bombarder une ville. Il décrivait cette solution comme l’acte d’un guérisseur ; après la réussite de l’essai Trinity dans le désert du Nouveau-Mexique, cela semblait « un miracle de délivrance » que les forces américaines et britanniques, mais aussi japonaises, puissent « prévenir une immense et interminable boucherie » et « imposer des mains apaisantes sur les blessures de [leurs] populations torturées grâce à la démonstration de puissance irrésistible de quelques explosions ».

La première bombe fut donc larguée. Mais comme les scientifiques japonais avaient compris qu’il avait été difficile de raffiner de l’uranium pour la bombe de Hiroshima, ils pensèrent que c’était un événement sans lendemain et ignorèrent obstinément les nouveaux avertissements de « destruction soudaine et complète ».

Luis Alvarez, futur Prix Nobel de physique, avait travaillé avec les Japonais avant la guerre. Anticipant que les physiciens nippons estimeraient que le bombardement de Hiroshima serait difficile à reproduire, il se joignit à deux autres physiciens pour alerter son ancien collègue dans un message : « Nous vous implorons de confirmer ces faits [que l’Amérique fabrique de nombreuses autres bombes] à vos dirigeants et de faire tout votre possible pour mettre fin à la destruction et aux pertes qui ne peuvent qu’entraîner la complète annihilation de toutes vos villes si cela continue. En tant que scientifiques, nous déplorons l’emploi qui est fait d’une magnifique découverte, mais nous pouvons vous assurer que si le Japon ne capitule pas immédiatement, cette pluie de bombes atomiques va décupler de violence. À mon ami Sagane, avec mon meilleur souvenir. »

Les Japonais ont finalement consenti à capituler sans conditions, mais seulement six jours après le largage d’une seconde bombe atomique. On estime à 200.000 le nombre de morts à Hiroshima et Nagasaki. Les bombes, Little Boy et Fat Man, n’ont jamais libéré à elles deux que 40.000 tonnes d’énergie (0,04 mégatonne).

Bombes larguées !

Le génie atomique était libéré mais n’avait pas suscité d’accord universel pour le maîtriser, contrairement à ce qu’avaient espéré Szilard et d’autres. Au lieu de démontrer la nécessité d’exercer un contrôle international de l’énergie atomique, le recours à la bombe sur des villes par les Américains risque, en fait, d’avoir accru chez les Russes l’impression qu’ils seraient les prochains sur la liste, s’ils refusaient de coopérer à la planification de l’après-guerre dominée par les États-Unis, en particulier en Europe de l’Est.

« Je crois qu’un malaise général règne chez les scientifiques. Ils conviennent aisément que nous ne pouvons pas faire confiance à la Russie, mais ils se posent aussi cette question : dans quelle mesure pouvons-nous nous faire confiance à nous-mêmes ? »

Leo Szilard, février 1950, cité dans Toward a Livable World

Au lieu de nous rapprocher de la paix par la voie de la coopération, la puissance de la fission atomique est devenue le nouveau levier géopolitique. « Nous sommes sortis d’une guerre durant laquelle nous avions dû accepter les normes éthiques honteusement basses de l’ennemi », se lamentait Einstein en 1947. « Mais au lieu de nous affranchir de ses normes, […] nous sommes en fait en train d’adopter nous-mêmes les normes indignes de l’ennemi de la dernière guerre. Nous nous acheminons ainsi vers une autre guerre, avilis par notre propre choix » (« Atomic War or Peace », article paru dans le magazine culturel américain The Atlantic).

Travaillant plus vite que les États-Unis s’y attendaient publiquement (notamment grâce à l’espionnage), les Russes firent exploser leur première bombe A en 1949. La supériorité devint le maître mot tandis que les relations nucléaires évoluaient et que le terme surarmement entrait dans notre vocabulaire. Seule la doctrine de la destruction mutuelle garantie parvenait à contenir les armes nucléaires.

À partir du moment où les scientifiques ont compris la physique, remarque l’historien Richard Rhodes, la fabrication de bombes s’est résumée à une « question banale, au fond : comment transformer la physique en machines ». La physique avait concrétisé la bombe A ; la « machine » suivante à créer était la bombe H. Grâce à elle, le potentiel destructeur s’exprimerait non plus en kilotonnes, mais en mégatonnes, et la fission de l’uranium et du plutonium allait laisser place à la fusion de l’hydrogène, comme dans le soleil ; en d’autres termes, une superbombe allait garantir la superpuissance d’une nation. Le futur président de la commission américaine de l’Énergie atomique (AEC), Lewis Strauss, recommanda que l’Amérique mît immédiatement au point des concepts thermonucléaires, écrivant que « nous devrions désormais intensifier nos efforts pour réussir la superbombe ».

Un grand nombre de scientifiques étaient cependant réticents. Dans une annexe au rapport de l’AEC, Enrico Fermi et Isidor Rabi demandèrent de la pondération afin que la ligne ne soit pas franchie : « Nous désapprouvons, en vertu de principes éthiques fondamentaux, le lancement d’un programme de développement d’une telle arme. En même temps, il conviendrait d’inviter les nations du monde à se joindre à nous pour promettre solennellement de renoncer au développement et à la construction d’armes de cette catégorie. »

Et la fin était encore plus proche

En 1952, les Britanniques avaient rejoint le « club nucléaire » après un essai en Australie. Sur le front de la fusion, Andreï Sakharov dirigeait les travaux soviétiques dans une ville dédiée à la recherche, bâtie à la hâte près de Moscou. En 1953, moins d’un an après le premier essai de fusion effectué par les États-Unis dans leur zone d’essai sur un atoll du Pacifique, la Russie fit exploser avec succès la « bombe à étages » de Sakharov au Kazakhstan. Sa puissance était très inférieure à celle des bombes américaines, mais en 1961, les Soviétiques procédèrent à l’explosion de la plus puissante jamais créée : 50 mégatonnes.

À la fin de l’année 1961, les États-Unis étaient prêts à accroître leur stock d’ogives nucléaires de 22.000 à 27.000, tandis que les Soviétiques accroissaient le leur de 3.300 à 4.200. Dans une allocution aux Nations unies, John Kennedy mettait alors en garde : « Aujourd’hui, chaque habitant sur cette planète doit envisager le jour où elle ne sera plus habitable. […] Nous devons éradiquer les armes de guerre avant qu’elles ne nous éradiquent. » Mais ses paroles sont restées lettre morte, et les stocks nucléaires ont continué de croître.

« On peut assurément détruire une proportion de l’humanité telle que seul un acte de foi extrême pourra persuader quiconque que ce qui en restera sera humain. »

J. Robert Oppenheimer, Directeur scientifique du projet Manhattan, dans un entretien avec Edward R. Murrow en 1955

Le potentiel destructeur était assez incroyable, mais à cette époque, on commençait aussi à connaître le danger des retombées radioactives. Pourtant, dans la seule année 1962, l’U.R.S.S. effectua 79 essais, dont un seul souterrain ; quant aux États-Unis, ils totalisèrent 98 explosions, dont environ la moitié eut lieu sous terre, dans le désert du Nevada.

En juillet de la même année, les Américains étudièrent aussi l’effet d’une explosion dans l’espace en vue d’une utilisation dans le cadre du système de défense antimissile. L’essai, baptisé Starfish Prime, a généré une explosion nucléaire de 1,5 mégatonne à 400 kilomètres au-dessus de la Terre (un peu au-dessus de l’orbite de la station spatiale internationale aujourd’hui) ; elle a été visible de centaines de kilomètres à la ronde. Un observateur militaire l’a décrite comme un « éclair blanc éclatant [qui] a transpercé les nuages, puis s’est rapidement transformé en une boule rayonnante de couleur verte qui grossissait […]. Quand la lumière verdâtre a viré au violet et a commencé à s’estomper au point d’explosion, une lueur d’un rouge vif s’est peu à peu répandue à l’horizon […] en se diffusant vers l’intérieur et l’extérieur, jusqu’à ce que le ciel à l’est soit devenu un demi-cercle aplati d’un rouge ardent ». Des retombées radioactives ont été décelées pendant les quatorze années suivantes.

Si des têtes plus sensées ne s’étaient pas rapidement imposées, un faux pas dans les Caraïbes quelques mois plus tard aurait peut-être laissé peu de gens connaître ces années-là. De l’autre côté du globe, environ à l’époque de l’essai Starfish Prime, les Soviétiques décidaient de faire traverser l’Atlantique à des missiles nucléaires, jusqu’à Cuba.

En 1987, lors d’un symposium marquant le 25ème anniversaire de la crise des missiles de Cuba, Georgi Shakhnazarov, conseiller de Mikhail Gorbatchev, alors Président soviétique, déclarait que « la cause profonde [de la crise] était la politique américaine vis-à-vis de l’U.R.S.S. et des régimes socialistes de Cuba et d’autres pays. Les États-Unis ne voulaient pas reconnaître à d’autres le droit à un même niveau de sécurité. Ils voulaient conserver leur supériorité ». Une première frappe américaine fut considérée comme une grave menace. « L’idée première était de porter atteinte publiquement à l’équilibre militaire, poursuivait-il. […] Mais l’une des leçons les plus importantes est qu’à l’ère nucléaire, il est impossible de ne pas être honnête et moral, parce que les deux parties aspirent à la survie. »

Harmaguédon

Depuis les années 1930, l’Express nucléaire a « pris de la vitesse, mais n’a jamais déraillé », concluent Reed et Stillman. « Des personnes douées de raison, soucieuses du bien-être de leurs enfants, avaient des avis divergents sur le système social qui garantirait au mieux leur avenir, mais aucun n’a jamais envisagé de recourir le premier à des armes atomiques. »

Ce qui a été suggéré, c’était que les armes nucléaires pourraient un jour être utilisées pour sauver la planète du prochain astéroïde. Dans un article de l’Iowa State University Asteroid Deflection Research Center (centre de recherche universitaire qui se consacre aux moyens de dévier les astéroïdes), des physiciens suggèrent le recours à des explosions nucléaires dans ce qu’ils appellent un « véhicule d’interception des astéroïdes à hypervélocité », une sorte de projectile nucléaire, capable de dégager une à deux mégatonnes. En théorie, cela pourrait suffire pour infléchir l’orbite d’un astéroïde et nous sauver du destin tragique des dinosaures, tout en conservant assez de mégatonnes pour préserver la ligne de démarcation qu’on nomme « force de dissuasion ».

Toutefois, selon la Bible, un astéroïde ne sera pas la cible ultime de nos armes. Au fil des fluctuations des nouvelles alliances géopolitiques et économiques du XXIsiècle, combien de temps le statu quo nucléaire va-t-il durer ? Serons-nous en mesure de contenir notre puissance destructrice ? La question n’est pas nouvelle. Les disciples de Jésus en posaient déjà une version au premier siècle. Le monde semble plutôt stable, disaient-ils, mais il n’en sera pas toujours ainsi selon toi : « Dis-nous : quand cela arrivera-t-il ? Et quel sera le signe de ton avènement et de la fin du monde ? » (Matthieu 24 : 3).

Ce temps viendra subitement, dit Jésus, alors que dans le monde, les événements sembleront suivre leur cours normal (versets 36-39). Bien que l’heure exacte soit imprévisible, la destinée des hommes est apparue en rêve à un roi il y a plus de 2.500 ans.

Comme Daniel l’expliquait au roi Nebucadnetsar [Nabuchodonosor], « il y a dans les cieux un Dieu qui révèle les secrets, et qui a fait connaître au roi Nebucadnetsar ce qui arrivera dans la suite des temps » (Daniel 2 : 28). Daniel précisa que plusieurs empires se succéderaient, symbolisés par une gigantesque statue dont la tête était en or et le reste était composé, de haut en bas, de matériaux de moins en moins précieux, les pieds n’étant plus qu’un amalgame fragile de fer et d’argile.

« Tu regardais [poursuivit Daniel], lorsqu’une pierre se détacha sans le secours d’aucune main, frappa les pieds de fer et d’argile de la statue, et les mit en pièces. Alors le fer, l’argile, l’airain, l’argent et l’or furent brisés ensemble, et devinrent comme la balle qui s’échappe d’une aire en été ; le vent les emporta, et nulle trace n’en fut retrouvée. Mais la pierre qui avait frappé la statue devint une grande montagne, et remplit toute la terre » (versets 34-35). 

« La détresse sera si grande qu’il n’y en a point eu de pareille depuis le commencement du monde jusqu’à présent, et qu’il n’y en aura jamais. Et si ces jours n’étaient abrégés, personne ne serait sauvé. Mais […] ces jours seront abrégés. »

Matthieu 24 : 21–22

Daniel continua en expliquant que cette pierre représentait le royaume ou gouvernement de Dieu qui sera établi sur terre (verset 44). Il remplacera les gouvernements des hommes, mais seulement une fois qu’ils en seront venus à s’autodétruire. Un jour futur, les « têtes plus sensées » ne réussiront plus à s’imposer, et les armes nucléaires se déchaîneront. Non seulement l’humanité sera poussée au bord du précipice, mais elle le sera au point précis où, comme Jésus nous en avertit, « la détresse sera si grande qu’il n’y en a point eu de pareille depuis le commencement du monde jusqu’à présent, et qu’il n’y en aura jamais. Et si ces jours n’étaient abrégés, personne ne serait sauvé » (Matthieu 24 : 21-22). C’est alors que Jésus-Christ reviendra pour nous sauver de nous-mêmes.

L’humanité aura profondément nui à la Terre, et pourtant, le retour de Christ rendra le monde perplexe et furieux (Apocalypse 11 : 15‑19). La mort et la destruction associées à cette époque sont difficiles à imaginer, mais les survivants s’allieront contre son intervention. Paradoxalement, certains se rassembleront dans un lieu appelé Harmaguédon, équipés de toutes les armes restantes qu’ils dirigeront vers Christ lui-même dans une dernière épreuve de force afin de repousser Dieu (Apocalypse 19 : 19 ; 16 : 16). Toutefois, ce n’est pas en ce lieu que nous serons détruits, mais c’est là que naîtra le renouveau (Zacharie 14). Ce sera l’ultime ligne de démarcation qui tracera une nouvelle ère.

Le spectre de la guerre nucléaire fait partie de notre monde ; il le restera jusqu’à ce que Dieu décide d’arrêter notre autodestruction. Nous avons collectivement choisi cette trajectoire précaire ; nous espérions que cela nous mettrait à l’abri, remédierait à notre « nudité » et garantirait notre sécurité (Genèse 3:10). Au lieu de cela, la menace du champignon nucléaire planera au-dessus de nous jusqu’à ce qu’enfin, en une immense catharsis, notre échec total à nous gouverner sans notre Créateur apparaisse dans toute son horreur.

C’est alors que nous reconnaîtrons qu’en tant qu’hommes, nous sommes incapables de nous diriger seuls à l’échelon planétaire, national et même individuel. Nous serons prêts à changer. Enfin, nous comprendrons que la dernière ligne de démarcation est la limite entre une paix artificielle (ce que le pouvoir des hommes peut créer de mieux) et la véritable paix de Dieu.